Bulles françaises

 

Bulles françaises

La beauté de la langue de Molière réside dans sa précision, dans son exactitude.

Venez tester et parfaire vos connaissances!

 

Sources : Office québécois de la langue française
                Le français au micro – Le bulletin linguistique hebdomadaire de Guy Bertrand, Radio-Canada

Olympique et olympien

Olympien dérive d’Olympe, tandis qu’olympique dérive d’Olympie. L’Olympe était la montagne où vivaient les dieux grecs et l’Olympie était le site sacré où avaient lieu les Jeux olympiques de l’antiquité. Lorsqu’il est employé comme adjectif, olympien qualifie ce qui se rapporte à l’Olympe et à ses dieux. Au figuré, olympien est synonyme des adjectifs noble, majestueux et imperturbable. Par exemple, on parlera d’un calme olympien. Comme substantif, olympien désigne exclusivement les dieux grecs. Depuis quelques années, cependant, on donne parfois le nom d’olympien aux athlètes qui participent aux Jeux olympiques. Cet emploi est toujours critiqué. Il est préférable de parler des athlètes olympiques. D’ailleurs, on ne parle pas des Jeux olympiens!

Martin Petit était là avec une pléthore d’autres humoristes.

Dans la plupart des dictionnaires, on indique que le mot pléthore est associé à la surabondance et à l’excès, et non à la simple abondance. Il est donc abusif de parler d’une pléthore de bonnes choses. Pour exprimer une idée d’abondance positive, il vaut mieux remplacer une pléthore de par des locutions plus neutres comme : plein de, une myriade de, une foule de, une multitude de ou un grand nombre de. Ici, comme on ne voulait pas dire qu’il y avait trop d’humoristes, il aurait été plus juste de dire : Martin Petit était là avec une foule d’autres humoristes (ou avec de nombreux autres humoristes).

Définitivement
L’adverbe définitivement est correct lorsqu’il est employé dans le sens de « de manière définitive, pour toujours, une fois pour toutes ».

Exemples :
–    Nos amis ont déménagé presque chaque année depuis dix ans, mais ils disent qu’ils sont définitivement installés dans ce quartier (c’est-à-dire : ils se sont installés dans ce quartier de manière définitive, ils n’en bougeront plus).

–    À la fin de son mandat, ce député a définitivement renoncé à poursuivre sa carrière politique (c’est-à-dire : il a renoncé pour toujours à la politique).

L’adverbe définitivement est parfois utilisé à tort pour renforcer une affirmation. Cet emploi erroné est, en fait, calqué sur le sens de l’adverbe anglais definitely. Pour renforcer une affirmation, on peut utiliser l’une ou l’autre des expressions suivantes : assurément, certainement, absolument, bien sûr, à coup sûr, sans aucun doute, vraiment, tout à fait. Tous ces adverbes peuvent se placer en début de phrase ou peuvent accompagner un adjectif, ou encore, ils peuvent s’utiliser seuls en réponse à une question.

Exemples fautifs :
–    Il faudra définitivement consacrer des sommes considérables à la réalisation de ce projet.
–    Ces clients sont définitivement intéressés à la proposition que nous venons de leur faire.
–    Est-ce que vos collègues comptent participer à ce congrès? Définitivement!
–    Les gestionnaires de la compagnie sont définitivement certains que leurs objectifs seront atteints cette année.

On écrira plutôt :
–    Bien sûr, il faudra consacrer des sommes considérables à la réalisation de ce projet.
–    Ces clients sont certainement intéressés à la proposition que nous venons de leur faire.
–    Est-ce que vos collègues comptent participer à ce congrès? Assurément!
–    Les gestionnaires de la compagnie sont absolument certains que leurs objectifs seront atteints cette année.

Moi et mon chum

Il vaut toujours mieux dire untel et moi que moi et untel. Ça n’a absolument rien à voir avec la langue, mais c’est plus poli! En anglais moderne, le mot chum désigne une personne avec qui on entretient des relations amicales plus ou moins intimes. Chum est à peu près l’équivalent du mot pote, qu’on utilise dans la langue familière, en France et parfois chez nous. En français, selon le contexte ou le type de relation, on remplacera chum par ami, copain, camarade, compagnon, petit ami, partenaire ou mari. Ici, puisque la personne parlait d’un ami, il aurait suffi de dire : mon ami et moi

Il a trouvé une solution pour pallier à ce problème.

On remédie à quelque chose, mais on pallie quelque chose. La plupart des dictionnaires s’entendent pour dire que la locution pallier à est à éviter. Il faut également retenir que pallier quelque chose, c’est corriger cette chose de manière provisoire et incomplète (on n’a qu’à penser aux soins palliatifs). Donc, quand on pallie un manque, par exemple, on corrige la situation temporairement, en attendant une meilleure solution. Il fallait donc dire : il a trouvé une solution pour remédier à ce problème.

Nota : Il ne faut pas confondre pallier et parer. Le verbe parer peut être suivi de la préposition à. Parer à est synonyme de faire face à ou de se préparer pour. Par exemple, on dira : il faut parer à toute éventualité.

Ça va coûter une beurrée!

Lorsqu’une chose est extrêmement chère, on dit que cette chose coûte une fortune ou qu’elle coûte les yeux de la tête. La variante coûter la peau des fesses et la locution régionale coûter une beurrée appartiennent au registre familier.

Nota : les locutions coûter un bras et coûter un bras et une jambe, qu’on emploie parfois en ce sens, sont des calques de l’anglais et leur emploi n’est pas recommandé.

Avant de prendre cette décision, j’ai fait mes devoirs!

Faire son devoir, c’est faire ce qu’il est moralement correct de faire. Cette locution peut parfois avoir une connotation patriotique ou religieuse. En revanche, faire ses devoirs, c’est faire les exercices que nous impose le professeur dans un contexte scolaire. On dira, par exemple, que les enfants font leurs devoirs en arrivant de l’école. Au figuré, faire ses devoirs est un calque de l’anglais. Ici, on aurait pu dire : avant de prendre ma décision, j’ai étudié la situation (je me suis renseigné, j’ai fait des recherchesje me suis préparé, etc.). Dans d’autres contextes, on peut remplacer faire ses devoirs par faire ce qu’on a à faire ou faire son travail.

Elle a suivi des cours prénataux.

Il n’y a pas de faute dans l’exemple ci-dessus. L’adjectif natal fait natals au masculin pluriel. Toutefois, les adjectifs dérivés prénatal, néonatal, périnatal et postnatal ont deux pluriels pour la forme masculine. Prénatal fait donc prénatals ou prénataux au masculin pluriel. À l’origine, cependant, seule la graphie prénatals était attestée dans les dictionnaires. Prénataux tend à s’imposer dans l’usage. Il existe quelques autres adjectifs en –al dont le pluriel peut se faire en –als ou –aux : austral, bitonal, boréal, causal, choral, final, glacial, idéal, jovial, marial, nasal, pascal, tombal et tribal.

Il y aura des averses de pluie ce soir et cette nuit.

Par définition, une averse est une précipitation subite et abondante, parfois violente, mais toujours de courte durée. Bien qu’ils soient parfois contestés, les termes averse de neige et averse de grêle sont tout à fait corrects. En revanche, quand il s’agit de pluie, on doit parler d’averse tout court. Il est généralement redondant de parler d’une averse de pluie, sauf dans certains cas précis. À certains moments de l’année, par exemple, il arrive qu’on puisse dire : nous aurons des averses de neige qui pourraient se transformer en averses de pluie en fin de matinée. Et même dans ce cas, il est toujours possible de dire : nous aurons des averses de neige qui pourraient se transformer en pluie en fin de matinée. Ici, il aurait suffi de dire : il y aura de la pluie ce soir et cette nuit.

Canceller et cancellation

En langue courante, les mots canceller et cancellation viennent des formes anglaises to cancel et cancellation. Ils sont utilisés principalement à l’oral et doivent être remplacés par annuler et annulation.

Ainsi, on ne dira pas canceller un appel, un chèque, un rendez-vous, mais annuler un appel, un chèque, un rendez-vous. Même chose pour cancellation de réunion, de conférence ou de concours, qu’on remplacera par annulation de réunion, de conférence ou de concours.

Exemples :
–   Je devrai annuler mon rendez-vous chez le dentiste (et non : Je devrai canceller).
–   Le cours a été annulé faute d’étudiants (et non : a été cancellé).
–   En cas d’annulation, vous serez remboursés (et non : en cas de cancellation).

Il a dénoncé la soi-disante mauvaise qualité du service.

L’adjectif soi-disant est invariable. Par conséquent, la forme féminine soi-disante est fautive. Il est important de noter que soi-disant devrait, en principe, toujours qualifier une personne. En outre, il faut que la personne en question prétende elle-même être ce qui est exprimé par le nom ou l’adjectif introduit par soi-disant. Pour une simple question de logique, il est déconseillé d’employer soi-disant pour qualifier des objets inanimés, des animaux ou des termes abstraits. En effet, comment un objet ou un être incapable de parler pourrait-il affirmer être quoi que ce soit? Cet emploi de soi-disant, bien qu’il soit assez courant, est critiqué. Pour qualifier autre chose que des personnes, il faut plutôt utiliser les adjectifs prétendu ou présumé. On aurait dû entendre : il a dénoncé la prétendue (ou présumée) mauvaise qualité du service.

Ça me fait penser un peu à Le jour de la marmotte!

Les titres d’œuvres (roman, pièce de théâtre, film, tableau, etc.) qui commencent par les articles définis le ou les obéissent aux règles de la contraction de l’article. Donc, lorsqu’un titre commençant par le ou les est précédé des prépositions à ou de, de le et à le deviennent du et au, et de les et à les deviennent des et aux. On dira, par exemple, qu’Alexandre Jardin s’est fait connaître grâce au Zèbre (et non grâce à Le zèbre) ou que Michel Tremblay est l’auteur des Belles-sœurs (et non de Les belles-sœurs). Ici, on aurait dû dire : ça me fait penser un peu au Jour de la marmotte! Lorsqu’il y a contraction de l’article, on met la majuscule au premier mot suivant l’article.

Nota : Lorsqu’ils sont précédés des prépositions à ou de les toponymes comme Les Cèdres, Les Boules, Les Éboulements, Les Escoumins et Les Méchins obéissent aux règles de la contraction de l’article. On dira donc qu’on se rend aux Cèdres, aux Boules, aux Éboulements, aux Escoumins ou aux Méchins et qu’on revient des Cèdres, des Boules, des Éboulements, des Escoumins ou des Méchins.

Archives 2016-2017

Académique

Le français attribue deux sens à l’adjectif académique. Ce mot signifie d’abord « qui se rapporte à une académie, soit une division administrative dans le domaine de l’enseignement, un établissement où l’on enseigne les arts et le sport ou une société littéraire ou scientifique ».

L’usage plus large qui est fait du mot academic en anglais conduit à des emplois fautifs de cet adjectif en français, notamment dans le sens de « scolaire » ou de « pédagogique ». Divers adjectifs remplaceront adéquatement cet anglicisme sémantique selon le contexte.

Exemples fautifs :
– L’année académique se termine le 22 juin.
– Dans le cadre de leur formation académique, les étudiants suivent des cours de philosophie.
– Les ouvrages académiques sur ce sujet sont abondants.
– Serait-il possible de m’envoyer une copie de mon dossier académique?

 
On dira plutôt :
– L’année scolaire (ou universitaire) se termine le 22 juin.
– Dans le cadre de leur formation générale (ou universitaire ou collégiale), les étudiants suivent des cours de philosophie.
– Les ouvrages didactiques sur ce sujet sont abondants.
– Serait-il possible de m’envoyer une copie de mon dossier scolaire?

La fête à qui ?

C’est grâce à qui ce congé ? La Reine Victoria (pas Élisabeth II), Dollard des Ormeaux ou les Patriotes ?

Ça commence avec Victoria. Elle est née un 24 mai et on soulignait, de son vivant, son anniversaire le jour même. À sa mort (1901), est apparu le « Victoria Day » qu’on célébrait le lundi précédent le 25 mai.

À la recherche d’un remplaçant dans les années 50, Adam Dollard des Ormeaux représentait bien le héros de la Nouvelle-France tant recherché qui avait une touche de patriotisme de l’époque. Mort en mai 1660, à l’âge de 22 ans, après avoir combattu 600 Iroquois à Long Sault, et ce, avec une poignée d’hommes. Le hic de l’histoire : les historiens croient que Dollard était plus un pirate qu’un héros. Il serait parti, avec quelques hommes, pour mettre la main sur des fourrures transportées par des Amérindiens alliés aux Français. Malheureusement, il tomba sur des Iroquois et la bataille de Long Sault ne serait qu’un mythe.

Il fallait donc trouver un remplaçant. Pourquoi pas les Patriotes! Même si la rébellion a eu lieu en novembre 1838, Bernard Landry en 2002 a proclamé par décret que la journée nationale des patriotes aura lieu chaque année le lundi qui précède le 25 mai. Donc, la première fête des Patriotes a eu lieu en 2003.

Focusser

Les emprunts focusser et se focusser sont parfois employés en français pour parler de personnes, de choses ou d’événements qui se concentrent sur un point précis. Ces emprunts ne comblent aucune lacune lexicale en français et peuvent aisément être remplacés par de nombreux verbes ou locutions tels que focaliser, se focaliser, se concentrer, porter son attention sur, porter sur, se polariser sur, être axé sur, être centré sur, concerner surtout, s’orienter vers, avoir pour thème, mettre l’accent sur, s’articuler autour de.

Exemples fautifs :
– Le conférencier a beaucoup focussé sur l’importance de la communication.
– Ce n’est pas en focussant sur les détails qu’elle réglera le problème.
– La réunion a focussé sur les prochains départs à la retraite.
– Le document focusse sur les nouvelles technologies.
– Cette stratégie lui permet de focusser sur les besoins des entreprises.

On dira plutôt :
– Le conférencier a beaucoup insisté sur l’importance de la communication.
– Ce n’est pas en se concentrant sur les détails qu’elle réglera le problème.
– La réunion a porté essentiellement sur les prochains départs à la retraite.
– Le document est axé sur les nouvelles technologies.
– Cette stratégie lui permet de se focaliser sur les besoins des entreprises.

Quant à l’adjectif focussé, il signifie le plus souvent « déterminé », en parlant d’une personne qui sait ce qu’elle veut, ou encore « concentré, centré, ciblé, circonscrit », en parlant d’une chose.

Exemples fautifs :
– Juliette est la personne la plus focussée que je connaisse.
– Les objectifs de cette étude sont mal focussés.

On dira plutôt :
– Juliette est la personne la plus déterminée que je connaisse.
– Les objectifs de cette étude sont mal circonscrits.

C’est raciste à l’endroit des Américains, ce que je vais dire…

Le racisme est une discrimination basée sur le groupe humain. Le véritable racisme est heureusement assez rare. Le raciste tient pour acquis qu’une personne appartenant à un groupe humain différent du sien lui est intrinsèquement inférieure. On traite abusivement de racistes les personnes hostiles à l’endroit des groupes sociaux auxquels elles n’appartiennent pas. Ici, il n’était pas question de racisme ni même de xénophobie. Il aurait mieux valu dire : c’est méchant ou désobligeant à l’endroit des Américains ce que je vais dire… On pouvait aussi dire : c’est un peu antiaméricain ce que je vais dire…

C’est un plaisir!

Les locutions c’est un plaisir et c’est mon plaisir, qu’on utilise parfois en réponse à une formule de remerciement, sont des calques de l’anglais. Bienvenue est également un anglicisme dans ce contexte. On peut dire, selon le ton de la conversation : de rien, je vous en prie, il n’y a pas de quoi, c’est moi qui vous remercie, c’est vraiment la moindre des choses, etc.

On a eu une précipitation significative.

Dans son sens le plus courant, significatif est synonyme des adjectifs éloquent, expressif ou révélateur. Par exemple, si on dit que les résultats d’une étude sont significatifs, on veut dire que les résultats de cette étude sont particulièrement éclairants. Significatif est parfois synonyme de marquant. Par exemple, on peut dire que Les belles sœurs de Michel Tremblay est une œuvre significative du théâtre de chez nous. En revanche, significatif est considéré comme un anglicisme lorsqu’il est synonyme d’abondant. Ici, on aurait pu dire : on a eu une précipitation très abondante. On aurait également pu dire : on a eu une précipitation notable.

Tempête et chute de verglas

Les termes tempête de verglas et chute de verglas sont incorrects. Il faut préciser que le verglas n’est pas une précipitation, mais plutôt une couche de glace fine occasionnée par la congélation de la pluie sur le sol et sur les objets. Pour parler de la précipitation elle-même, c’est-à-dire de la pluie qui se transforme en verglas une fois tombée, il convient d’employer le terme pluie verglaçante. On parlera donc d’une tempête de pluie verglaçante et d’une averse de pluie verglaçante.

Les gens consultent un médecin pour obtenir une prescription d’antibiotiques.

La prescription est une recommandation du médecin. Par exemple, le médecin peut nous dire : gardez le lit et buvez beaucoup de liquide. Cette recommandation est une prescription. En revanche, le papier signé du médecin qu’on présente au pharmacien pour obtenir un médicament s’appelle ordonnance. Autrement dit, l’ordonnance est une prescription écrite. C’est sous l’influence de l’anglais qu’on a parfois tendance à utiliser prescription dans le sens d’ordonnance. Il est cependant correct de dire qu’un médecin prescrit un médicament. On pouvait donc dire : les gens consultent un médecin pour se faire prescrire des antibiotiques.

Votre médecin peut vous référer à un spécialiste.

Le verbe référer appartient à la langue administrative. Dans la langue de tous les jours, référer s’emploie surtout à la forme pronominale. Par exemple, se référer à une personne, c’est recourir à cette personne, parce qu’on la considère comme une autorité. De même, se référer à un livre, c’est prendre ce livre comme ouvrage de référence. En revanche, on ne devrait pas dire qu’un médecin réfère un patient à un spécialiste. En ce sens, référer est un anglicisme. On dira plutôt qu’un médecin adresse ou envoie un malade à un spécialiste. Et au lieu de dire que ce médecin réfère le dossier du patient au spécialiste, on dira plutôt qu’il transmet ou qu’il confie ce dossier au spécialiste.

Maganer (étymologie)

Rudoyer, malmener, maltraiter. Se servir de quelque chose sans soin, sans prudence. Mot canadien d’origine obscure, issu peut-être de l’ancien francique maidanjan « mutiler, estropier », d’où l’ancien français → mahaignier « blesser grièvement, estropier, mutiler; maltraiter, tourmenter » et de l’ancienne langue romane → maganhar « blesser, estropier » et les formes modernes du Languedoc → magagna « rendre malade, incommoder, blesser; vicier, gâter; tracasser, vexer, inquiéter; bousiller ».

Apporter et amener; emporter et emmener

Les verbes apporter, amener, emporter et emmener ne sont pas interchangeables. Apporter s’utilise avec les objets inanimés et amener s’utilise avec les êtres animés. Par exemple, on apporte un livre à la bibliothèque et on apporte un cadeau à quelqu’un, mais on amène son enfant à l’école et on amène un cheval à l’écurie. La règle vaut aussi pour les verbes emporter et emmener : on emporte des choses et on emmène des personnes ou des animaux. On se dirige vers un endroit en apportant quelque chose ou en amenant quelqu’un, mais on quitte un endroit en emportant quelque chose ou en emmenant quelqu’un. C’est une simple question de point de vue. On dira, par exemple : j’ai apporté des fleurs à ma mère et j’ai amené ma fille chez le dentiste. En revanche, on dira : elle a quitté la maison en emportant son parapluie et en emmenant les enfants.

Levée de fonds

Dans le cas des partis politiques et des organismes à but lucratif, on doit remplacer l’anglicisme levée de fonds par campagne de financement. Pour les œuvres caritatives (Centraide, Guignolée des médias, etc.), on parle d’une campagne de souscription. Le fait de recueillir ponctuellement de l’argent (pour venir en aide à des sinistrés, par exemple), on utilisera le terme collecte de fonds.

L’Avent

L’Avent est emprunté au latin chrétien adventus, dérivé du latin classique advenire (arriver); c’est-à-dire l’arrivée, l’avènement de Jésus-Christ, dit pour sa naissance, et, finalement, pour un certain temps avant Noël. En France, jusqu’au XIVe siècle, la graphie la plus courante était Advent, mais celle-ci disparaît totalement après le XVIIe siècle pour laisser place à la forme que l’on connaît aujourd’hui.

Une ou deux alternative(s)?

Une alternative est une situation qui n’offre que deux possibilités. Par exemple, un étudiant peut dire : « Je fais face à l’alternative suivante : je passe la nuit entière à étudier ou j’échoue à mon examen ». En anglais, le mot alternative désigne chacun des choix. En français, cependant, le mot alternative désigne l’ensemble des deux choix. De même, au lieu de dire qu’on a envisagé plusieurs alternatives, il est plus juste de dire qu’on a envisagé plusieurs plans ou plusieurs scénarios. Dans d’autres contextes, l’anglicisme alternative peut se rendre par solution de rechange ou solution de remplacement. Par exemple, au lieu de dire que la réflexologie est une bonne alternative si on a peur de l’acuponcture, on peut dire que la réflexologie est une bonne solution de rechange si on a peur de l’acuponcture.

Armistice et amnistie

L’armistice est un accord qui met officiellement fin à un conflit armé. Ce terme qui appartient essentiellement à la langue militaire est de genre masculin. L’Armistice qu’on commémore le 11 novembre de chaque année est celui de la guerre de 14-18. Cette journée spéciale s’appelle également jour du Souvenir.

En revanche, amnistie est un nom de genre féminin qui appartient à la langue du droit international. Une amnistie est un pardon total qu’un gouvernement accorde officiellement à l’auteur d’une infraction. Les gens ou les nations qui bénéficient d’une amnistie voient leur faute annulée entièrement, ainsi que les conséquences pénales qui en découleraient normalement.

Le pronom « on » exclut la personne qui parle vrai ou faux ?

En fait, le pronom indéfini on inclut presque toujours la personne qui parle. Dans la langue familière, le pronom on est souvent employé à la place du pronom nous. Dans ce cas, on inclut toujours la personne qui parle. Par exemple, on dira : Ma femme et moi, on est heureux de vous recevoir.

Même lorsqu’on l’utilise dans un sens impersonnel, le pronom on inclut généralement la personne qui parle. Par exemple, on peut dire : on ne doit pas boire d’alcool au volant. Cette règle s’applique à tout le monde, y compris à la personne qui parle. Enfin, dans certains contextes bien précis, le pronom on peut parfois exclure la personne qui parle. On dira, par exemple : on prétend que les jeunes s’expriment mal, mais on exclut la personne qui parle (c’est-à-dire que je ne suis pas du tout d’accord avec cette affirmation). Autrement dit, si on veut préciser que le pronom on exclut la personne qui parle, il faut le mentionner. Sinon, on inclut la personne qui parle.

Quel blanc de mémoire!

Sous l’influence de l’anglais, certaines personnes utilisent les termes blanc et blanc de mémoire pour désigner une défaillance ponctuelle de la mémoire. Il est plus juste de dire qu’on a un trou de mémoire. Dans la langue courante, on peut aussi dire : j’ai un trou. En contexte, on devine qu’il s’agit d’un trou de mémoire!

On offre du soutien via le téléphone.

Via est un mot emprunté au latin par le français et par l’anglais. Il faut cependant noter que le sens de cette préposition n’est pas le même dans les deux langues. Via signifie en passant par. On peut parler d’un vol Montréal-Vancouver via Winnipeg, par exemple. En revanche, via est considéré comme un anglicisme quand on lui donne un sens instrumental. Au lieu de dire qu’on expédie un colis via le train, par exemple, on dira plutôt qu’on expédie ce colis par le train. Ici, il aurait mieux valu reformuler la phrase et dire : on offre un soutien téléphonique ou une assistance téléphonique.

Via s’emploie également au figuré, mais dans le même sens (soit celui de « en passant par »), surtout dans le domaine de l’informatique. Le cyberespace étant perçu comme un lieu virtuel, où l’on navigue et où l’on va, le mot via se retrouve dans des contextes comme : via Internet, via le Web.

Il faut cependant faire ici certaines restrictions, car il y a beaucoup d’emplois abusifs de ce mot.

Tout comme on dit par la poste, par messager (exemple : je vous envoie ce colis par la poste dès aujourd’hui), on dit également, dans le domaine des télécommunications : par câble, par modem, par télécopie ou par satellite. Dans ce cas, par a ici le sens, non pas de « en passant par », mais celui de « au moyen de ». C’est pourquoi l’emploi de via, dans ces contextes, est incorrect.

J’ai un peu de misère avec ça.

Le mot misère est synonyme de malheur et d’adversité. On peut être dans la misère, mais on ne peut pas avoir de la misère. Au lieu de dire qu’on a de la misère à faire quelque chose, il est plus correct de dire qu’on a du mal, de la difficulté ou de la peine à faire quelque chose. On ne peut pas non plus avoir de la misère avec quelque chose. Ici, on aurait pu dire : je ne suis pas vraiment d’accord (avec ça), j’ai un peu de difficulté à accepter ça, ça me gêne (ou ça m’embête) un peu

Les morceaux de glace revolaient partout.

Revoler, c’est le fait de voler à nouveau. Par exemple, on peut dire qu’un pilote n’a pas revolé depuis son accident. Plus rarement, revoler signifie dérober de nouveau. On pourrait dire, par exemple : on lui a revolé la voiture qu’il venait de récupérer. En revanche, pour exprimer le fait d’être projeté dans l’air, c’est le verbe voler qu’il faut employer. On aurait donc dû dire : les morceaux de glace volaient partout.

Peut-on obstiner quelqu’un ou s’obstiner avec quelqu’un ?

Eh bien! Non! Une personne peut s’obstiner, c’est-à-dire qu’elle persévère dans ses actions sans vouloir rien entendre. Également, elle peut être obstinée, c’est-à-dire qu’elle est entêtée dans ses opinions, dans sa manière d’agir.

Par conséquent, vous ne pouvez pas « obstiner «  quelqu’un, mais vous pouvez argumenter avec cette personne ou bien discuter avec celle-ci… tout en étant têtu!

Il est parti sans barrer la porte.

Il n’y a pas de faute dans la phrase ci-dessus. Dans son sens premier, barrer une porte, c’est fermer une porte avec une barre. Chez nous, ainsi que dans l’ouest et le nord de la France, on donne souvent à cette locution le sens de fermer une porte à clé. Il existe une nuance entre fermer à clé et verrouiller. Verrouiller, en parlant d’une porte ou d’une fenêtre, c’est fermer cette porte ou cette fenêtre à l’aide d’un verrou.

Les « si » n’aiment pas les –rais (pas plus que les –rait, les –rions, les –riez et les –raient) (vrai ou faux?)

Évidemment, il n’est pas correct de dire : « Si j’aurais » de l’argent, je m’achèterais une nouvelle voiture ». Dans ce cas, le si amène une condition. Il faut donc utiliser l’imparfait dans la subordonnée introduite par si et un conditionnel dans la proposition principale : si j’avais de l’argent, je m’achèterais une voiture. En revanche, on peut dire : je me demandais s’il viendrait. Pourquoi? Parce que dans ce cas, le si amène une hypothèse et non une condition. La phrase équivaut à je me demandais : allait-il venir ou n’allait-il pas venir? C’est pourquoi il est incorrect de dire que, systématiquement, les si n’aiment pas les –rais!

Bâiller et bayer

On confond parfois les verbes bâiller et bayer.

Bâiller signifie « ouvrir involontairement la bouche en inspirant et en contractant les muscles du gosier ».

Exemple :
–   Pourquoi a-t-on envie de bâiller lorsque quelqu’un bâille?

Bayer, variante de béer, est un terme vieilli et signifie « rester la bouche ouverte ». Il ne s’emploie plus que dans la locution bayer aux corneilles, « perdre son temps en regardant niaisement en l’air, rêvasser » 

Exemple :
–   Nous n’avons guère le temps de bayer aux corneilles.

Bon matin

Depuis quelque temps, on entend l’expression bon matin utilisée en début de journée pour saluer les personnes.

Exemples :
–   Bon matin, Monsieur.
–   Bon matin à tous nos auditeurs!

Cette expression, d’un emploi récent, est calquée sur l’expression anglaise good morning. En français, lorsqu’on désire saluer une personne, on utilise le mot bonjour, et le soir, le mot bonsoir.

Exemples :
–   Bonjour, Monsieur.
–   Bonjour à tous nos auditeurs!
–   Bonsoir, Paul.

Lorsqu’on veut souhaiter à quelqu’un de passer une belle journée ou une belle soirée, plusieurs formulations sont possibles : bonne journée, bon avant-midi (ou bonne avant-midi), bon après-midi (ou bonne après-midi), bonne soirée et bonne nuit. Chacune de ces expressions convient à une plage horaire plus ou moins étendue, et l’ensemble couvre la totalité des vingt-quatre heures d’une journée.

Exemples :
–   Bonne journée. À ce soir.
–   Bon avant-midi. Je t’attends pour le dîner (et non Bon matin).
–   Je te souhaite un bon après-midi.
–   Bonne soirée à tous! Je dois maintenant partir.
–   Bonne nuit, ma chérie.

L’expression bon matin entre donc inutilement en concurrence avec les formulations françaises bonjour et bon avant-midi.

Au niveau de la sécurité, il n’y a aucun problème.

La locution au niveau de signifie à la même hauteur que. On dira, par exemple : L’eau lui arrivait au niveau de la taille (c’est-à-dire que la personne avait de l’eau jusqu’au niveau physique de sa taille). Au figuré, on peut également dire d’un instituteur qu’il se met au niveau de ses élèves, par exemple. Enfin, puisque la direction d’une entreprise est un niveau hiérarchique, on peut dire, par exemple : Il y de nombreux conflits au niveau de la direction.

 

Ici, puisque la sécurité n’est pas vraiment un niveau, il aurait été plus juste de dire : En ce qui a trait à la sécurité, il n’y a aucun problème. Selon le contexte, on peut également remplacer au niveau de par les locutions sur le plan de, du point de vue de, en ce qui concerne, en matière de, à propos de ou quant à. De même, l’emploi de la locution au niveau suivie d’un adjectif est critiqué. On dira plutôt sur le plan. Par exemple, au lieu de dire au niveau matériel on dira sur le plan matériel.

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