Le projet éducatif de la Cité-école

Si la mission éducative de toutes les écoles québécoises est d’instruire les élèves, les socialiser et les qualifier, le projet particulier de la Cité-école Louis-Saint-Laurent est de promouvoir la participation citoyenne de tous, autant à l’école que dans leur communauté, les soutenir dans leur implication sociale et politique, leur enseigner la citoyenneté, les droits humains, les règles communes privilégiées dans le milieu rural où ils évoluent.

Notre projet éducatif favorise la prise de responsabilités et l’engagement de l’élève dans sa Cité-école (lieu d’adoption d’éducation et de pratiques de la citoyenneté) ainsi que dans sa municipalité (lieu biologique, le plus important pour son propre vécu).

La promotion de la citoyenneté à la Cité-école Louis-Saint-Laurent par l’éducation formelle ou non formelle devrait donc aider les élèves à se préoccuper de la recherche de solutions aux problèmes de la MRC du Haut-Saint-François, à se forger une identité commune, à participer aux choix et à la réalisation de projets collectifs de l’école ou de leur communauté.

Notre laser, le plus que nous désirons offrir à nos élèves, est de leur donner l’éducation pour devenir des leaders dans leur municipalité et de futurs bons parents, employés, maires, hommes d’affaires, premier ministre du Québec avec, de plus, des valeurs démocratiques concernant des sujets importants comme l’environnement, l’intégration des personnes différentes, le soutien aux autres, etc.

Le projet « La Cité-école au cœur de sa communauté » 2009-2015 dans le cadre de la mesure des laboratoires ruraux et l’approche-milieu développée par le conseil sur la persévérance et la réussite scolaires vont clairement dans ce sens.

En plus de vivre la citoyenneté, à l’intérieur des murs de la Cité-école, le projet vise l’élaboration d’une formation à la citoyenneté basée sur des connaissances des municipalités et de la MRC du Haut-Saint-François. Le personnel de la Cité-école transmettra ce savoir dans le cadre des matières en lien avec le renouveau pédagogique de l’école québécoise. Des activités éducatives, dans la communauté locale et la MRC, permettront aux citoyens de la Cité-école de mieux s’approprier de façon concrète leurs connaissances en participant à des instances dans leur localité. Les jeunes choisiront une organisation ou une cause dans laquelle ils seraient intéressés à s’impliquer. D’autres élèves désireront plutôt s’impliquer dans l’aménagement d’un nouveau terrain de soccer ou faire la lecture dans une résidence de personnes âgées ou soutenir les petits du primaire dans leurs devoirs ou leurs leçons.

Il y aura un concours pour l’aménagement des corridors de la Cité-école Louis-Saint-Laurent. Ces corridors portent les noms des municipalités du Haut-Saint-François et l’aménagement sera fait par les élèves de chacune des municipalités en collaboration avec les élus.

Déjà, des actions novatrices sont organisées en lien avec le projet : la remise des bulletins et des diplômes à Weedon permet d’expérimenter le projet La Cité-école au cœur de sa communauté. Il existe aussi des actions concrètes menées dans d’autres municipalités: citons les bourses des municipalités et celles des caisses populaires aux diplômés. Le projet générera de nombreux impacts éducatifs et multisectoriels tels la relève du bénévolat, la formation et l’expérimentation du leadership auprès des jeunes, le développement de la fierté, l’enracinement et le sentiment d’appartenance à sa municipalité et au Haut-Saint-François. Cette nouvelle approche crée un continuum d’intervention à partir de l’école secondaire y associant les municipalités, les écoles primaires, les organismes communautaires, les entreprises et les commerces du Haut-Saint-François. C’est un projet structurant qui s’inscrit dans la planification stratégique de la Commission scolaire des Hauts-Cantons et le plan de travail 2008-2009 de la MRC du Haut-Saint-François. Vous comprenez donc l’intérêt à s’engager ensemble dans ce Pacte rural.

La Commission scolaire des Hauts-Cantons et le conseil d’établissement de la Cité-école Louis-Saint-Laurent mettront tout en œuvre pour faire de cette aventure une réussite et en assurer une évaluation tout au long de la démarche. Nous pourrons ainsi investir dans les solutions qui auront produit le plus de succès. Nous serons accompagnés, pour ce faire, par le laboratoire de chercheurs de l’Institut national de Santé publique, de l’Observatoire estrien du développement des communautés et de la faculté d’administration de l’Université de Sherbrooke avec son Programme d’apprentissage expérientiel par l’intervention communautaire.

Ce projet s’inscrit aussi dans le courant du récent rapport Ménard « Savoir c’est pouvoir » qui propose un chantier national pour diplômer les jeunes Québécois et, de façon plus large, diminuer le problème de pauvreté au Québec. En effet, ce rapport propose de mettre en œuvre des projets communautaires ciblant les jeunes à risque en milieu défavorisé et d’élargir, à l’ensemble de la société, le consensus sur la nécessité de valoriser l’éducation et la persévérance.

Les données des chercheurs du rapport Ménard appuient toute l’importance et la portée du laboratoire rural « Un Cité-école au cœur de sa communauté ». On reconnaît, par exemple, que les non-diplômés participent généralement moins à la vie citoyenne et ils contribueraient donc moins au renforcement du tissu social québécois. Ils vivent aussi moins longtemps et ils sont plus exposés au risque de dépression.

Dans un milieu défavorisé comme le nôtre, selon les critères du MELS, ou dévitalisé, selon les critères du MAMROT, le rapport Ménard souligne que nous mettons en péril la vigueur économique de notre région. Ajoutez à cela l’exode de nos jeunes et le fait que, dans moins de 20 ans, le Québec ne comptera plus que 2,5 personnes en âge de travailler pour une personne de 65 ans et vous comprendrez tout l’enjeu de notre laboratoire rural 2009-2015.

Le rapport Ménard souligne, entre autres, l’effet positif du programme Pathways, dont l’une des actions est une aide financière à l’élève et sa famille pour les fournitures scolaires et une bourse d’études. D’une façon plus modeste, le soutien de la Fondation Louis-Saint-Laurent et les récentes bourses aux diplômés de plusieurs municipalités et caisses populaires de notre territoire vont dans le même sens.

Les recherches scientifiques démontrent clairement que la contribution de divers acteurs de la communauté, en appui à l’école et à la famille, permet une plus grande réussite scolaire des jeunes. Le soutien de la famille et de la communauté favorise l’investissement des enfants et des adolescents, leur adaptation dans la société, leur développement personnel et leur rendement social ou scolaire.

Citons aussi un homme de terrain, monsieur Charles Labrie qui enseigne depuis plus de 40 ans dans le Haut-Saint-François et qui voit la maison et la municipalité d’un élève comme son lieu d’appartenance biologique et l’école comme son lieu d’adoption. Voilà qui vient encore appuyer une approche-milieu et communautaire plutôt qu’une approche strictement scolaire.

Citons également que l’amélioration de la communication entre les écoles et les familles et le renforcement du partenariat entre le milieu socioéconomique et celui de l’éducation sont des facteurs importants du succès actuel de la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean au niveau de la persévérance scolaire. Selon le Conseil régional de prévention de l’abandon scolaire de cette région, la mobilisation des intervenants locaux, comme nous le ferons ici, a joué un rôle déterminant dans la promotion de l’éducation. Nous désirons aller plus loin au niveau de l’implication citoyenne.

Notre approche « milieu » et le laboratoire rural 2009-2015 feront des jeunes citoyens du Haut-Saint-François des leaders régionaux et québécois de la responsabilité citoyenne, de l’engagement dans leur famille ou de leur communauté, des chefs de file, par exemple au niveau de l’environnement et de la solidarité.

Nous aurons besoin d’adultes impliqués aux niveaux social, municipal et scolaire. Nous éduquerons et impliquerons nos jeunes au point où ils auront le goût de demeurer dans le Haut-Saint-François et d’assumer notre relève.

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