Texte : Charles Labrie

Lettre à Danielle Giguère

Tel est ton choix d’arrêt, en ce 4 octobre 2024, pour ton arrivée en gare. Danielle, toi, fille aux multiples talents en communication, tu te souviens sans doute de la chanson « On prend toujours un train pour quelque part… un grand train bleu… ». Pour ceux et celles qui te voient descendre du train de la poly, nous tenons à te saluer une dernière fois, en début de cette cinquième saison.

DE LA TÂCHE AUX ABSENCES DE TOUS LES MEMBRES DU PERSONNEL…
Ta couleur? À nous de la raconter! Tu as commencé ton travail comme concierge, il y a plusieurs années à Dudswell, pour la commission scolaire, pour un avant-poste… On te retrouve par la suite, à Coaticook, agente de bureau pour les achats à la CSHC. Le 1er février 2009, tu descends de ce train pour prendre celui des absences des divers membres du personnel et des copies, ici, à la poly. Toute une tâche! Tu l’assumeras durant de nombreuses années, quelque peu dans l’ombre. Pour qui a bien voulu observer, à l’occasion, ton travail, chaque matin s’avère, parfois, une course contre la montre, de la veille à l’avant-veille : tu dois dénicher, souvent à la dernière minute, un suppléant afin que les élèves puissent bien vivre leur journée scolaire… Tu dois tenir compte, aussi, des absences et des remplacements pour tous les types de personnel. C’est sans oublier le suivi administratif, détaillé, pour notre organisme scolaire…et toutes autres tâches connexes dira la convention! Sans nul doute, tu ressembles, à s’y méprendre, au chef de la locomotive qui, au départ, rattache, au quotidien, tous les wagons de la Cité-école.

À CELLE DE L’ACCUEIL À LA POLY…
Depuis trois ans, tu es à l’accueil… porte d’entrée, lieu d’excitation et parfois de tension. C’est le lieu des portes tournantes et des appels en cascades à la quête de réponses et de liens à formuler… « non-stop »! C’est aussi ta parole, souriante et bien structurée, en dépit des demandes qui affluent de toutes parts, qui se fait invitante. Il s’agit d’un voyage, au quotidien, au profil jamais achevé! Ces portes ambulantes qui vont et viennent, sans arrêt, teintes de questions aussi diverses qu’inusitées : accueillir un mécontent qui a mal à s’exprimer, fournir un document, une adresse, préciser le nom d’un contact, rassurer quelqu’un, clarifier un besoin, orienter quelqu’un pour une nouveau contact, produire un billet de retard, effectuer le cumul des absences quatre fois par jour, garder en mémoire des appels en attente et, simultanément, poser le doigt sur le clic de l’ordi afin d’écouter quelqu’un d’autre et, de l’autre main, écrire un « post it » et, en même temps, répondre à la question d’un parent pressé qui se pointe à l’accueil, synthétiser toutes les demandes en communication, accueillir les petits malades ou accidentés, au quotidien, pour lesquels, tu dois agir rapidement et informer les parents. Quel souffle ça prend! Il n’y a pas deux journées pareilles pour cette « cheftaine » de la locomotive à l’accueil : un « rush » qui ne veut jamais finir! Tu sais, d’expérience et d’intelligence, attacher tous ces wagons si divers…qui font et refont la vie! Ta capacité de synthèse et ton excellente mémoire, armée de phrases courtes et claires, Danielle, tu sais créer un coussin de sécurité sur lequel les gens savent poser un merci chaleureux… En finale, tu méritais et mérites ce retour, au foyer, à pied, seule en fin de journée, capable de contempler la beauté des paysages et la grandeur du silence, en descendant les petites rues de la poly.

ET TOUTE NOTRE RECONNAISSANCE…
Danielle, pierre angulaire à notre école, lieu de passage de tous à l’accueil, à divers moments, tu es la femme à la maîtrise des phrases bien conçues, claires et bien exprimées dans un style bien personnel. Nous te devons cette reconnaissance de fin de voyage, nous, tous les membres du personnel de la cité et les jeunes qui la font vivre. Cette reconnaissance est celle du cœur, la seule qui compte et la seule qui demeure à travers le temps! Oui, chère collègue, tu as été cette locomotive de tête qui fait en sorte que tous les wagons, chaque matin, sont sur les rails afin que le voyage s’effectue pour le bien de tous et de toutes. Tu entreprends, maintenant, un autre parcours. Cette fois, c’est toi qui choisis ton lieu de départ et ton point d’arrivée. Tu connais tes partenaires du train et ses contenus : ta famille, la continuité de ton bénévolat au club de golf dans le recyclage de certains matériaux. Mieux encore, toi, la nouvelle « mamy », se voit gratifiée de cette petite Charlotte, nouvellement née. À l’occasion, tu sauras, sans doute, te nourrir de certains événements qui nous ont vus grandir, tous, ensemble! À distance et en reconnaissance sincère, nous avons le goût d’entonner la classique québécoise aux paroles heureuses de Vigneault : « Ma chère Danielle, c’est à ton tour de te laisser parler d’amour… »