Texte : Charles Labrie
Très chère France,
De concert avec tous mes collègues, tu nous permettras un petit narratif tant factuel qu’affectif afin de bien saisir, si c’est possible, les grands moments de ta carrière professionnelle tout au long des trois dernières décennies.
D’abord, tu es une ancienne élève de la polyvalente, ça on ne peut le taire. À la suite de tes études collégiales, tu occupes, en 1995, le poste de secrétaire d’école durant quelques années à Dudswell et à Scotstown. En 2005, tu accèdes au poste de technicienne en organisation scolaire, études qui ne s’offrent pas au niveau collégial. Tu as donc dû apprendre sur le tas! Que de responsabilités! Tu es la pierre angulaire du système. Tu n’as pas droit à l’erreur. Celle-ci peut entraîner des conséquences néfastes. Tu es une travailleuse de l’ombre, mais fondamentalement présente au quotidien. Tu as l’œil constamment focalisé sur la bonne marche de l’école au plan organisationnel. Considérant l’amplitude, la variété et la densité de toutes tes tâches, tu occupes un poste qu’on définit officiellement de NÉVRALGIQUE! En conséquence, tu passes de TOS à technicienne avec profil en administration et organisation scolaire.
Tu inscris les élèves, fabriques tant les horaires de ces derniers que ceux de tout le personnel enseignant. Si un élève quitte l’école, c’est toi qui le reçois et rédiges un document. Tu prépares les bulletins des jeunes à partir des relevés que les enseignants te livrent. Tu veilles à ce que tout le personnel enseignant te remette les notes des élèves afin de produire les bulletins de ces derniers. Quand tu prépares les horaires des profs et des élèves, tu dois tenir compte des locaux disponibles, du nombre d’élèves par classe, des jeunes qui vivent des choix particuliers. Tu dois aussi tenir compte d’un grand nombre de variables mathématiques en harmonie avec les contraintes que t’indique la direction de l’école. Dieu sait qu’elles ont été nombreuses les directions que tu as accompagnées dans ce labyrinthe professionnel dont toi seule connais les composantes. Lors des périodes d’examens de fin d’année, tu n’arrives même pas à décrocher de ton travail tant la pression est intense! Tes soirées en écopent, je crois! Tu cherches à dénicher des minutes afin de bien répondre à tous les besoins pédagogiques de l’immédiat. Je pense aussi à ta présence, ici, à l’école, à la fin juillet pour les reprises d’examens : on croirait que tu habites l’école toute l’année tant ta présence s’avère essentielle. Tu es un phare pour tous les membres de notre école! Cela exige intelligence, écoute, rigueur, planification et exécution efficace et efficiente. En somme, le ministère de l’Éducation et le centre de services scolaire considèrent ton travail comme un POSTE NÉVRALGIQUE! C’est tout dire! Tu es le premier maillon de la chaîne d’engrenage. Tu as toujours été à la hauteur de cette tâche. Moins visible dans l’école, mais au-delà de cette visibilité, quelle présence active! Comme dans chaque poly, tu es la seule à exercer cette tâche.
Pour la suite de ton histoire, ton conjoint et toi ne manquerez pas de passions et d’ambition. Après avoir visité de nombreux pays sur quatre continents, vous anticipez de poursuivre sur cette lancée. Entre deux voyages, vous voulez profiter intensément de la présence de vos enfants, tes jumelles, Pascale et Cynthia, et les deux jeunes de ton conjoint. S’il nous arrivait, France, au fil du temps d’oublier des petits bouts de ton histoire professionnelle, nous tenons à souligner que ton éternel sourire et ton accueil bienveillant n’oblitèreront pas notre mémoire collective! Remémorons-nous, encore et encore, cette maxime : « (…) si la mémoire oublie, le cœur, lui, se souvient!»

