NOUVEAU DÉPART POUR UNE GARDIENNE DE LA BEAUTÉ ET DE LA VIE!

NOUVEAU DÉPART POUR UNE GARDIENNE DE LA BEAUTÉ ET DE LA VIE!

Texte : Charles Labrie, enseignant, en collaboration avec Renée-Claude Leroux, organisatrice communautaire

Elle vit à la même école depuis quelques décennies après avoir commencé sa carrière en enseignement à La Patrie. On a et on aura le bonheur de bénéficier de son expertise culturelle, de sa chaleur humaine et de son implication dans les communautés du Haut-Saint-François… et quelle implication!

Oui, on définit souvent les artistes et les artistes-enseignants comme des faiseurs de beauté. On les nomme les Gardiens de la beauté du monde. Au-delà de l’artiste, il y a une Johanne Marchand, enseignante, que tous les jeunes et collègues apprécient, parce que telle on la voit au quotidien, telle elle est dans sa classe et dans son atelier de création. Dans sa classe d’arts, à l’école, c’est une véritable ruche d’abeilles qu’on peut voir en action. On sent derrière la passion créatrice des élèves, un modèle inspirant, une présence continue, une spontanéité respectueuse du talent de chacun. À l’aide de petits riens, elle peut faire surgir des petites merveilles, comme une plante espérée et arrosée pendant la nuit. Son esprit nous semble toujours en quête de beauté, de nouveauté!

Au-delà des cours en classe, Johanne Marchand s’est révélé un élément initiateur de la maison Cité-école. Elle a siégé de manière très active à de multiples comités : le conseil sur la persévérance et la réussite scolaires, période au cours de laquelle elle a suggéré et mis en marche de très nombreuses activités artistiques et des lieux créateurs. Elle a initié avec brio des visites récurrentes dans divers musées locaux et régionaux afin que nos jeunes d’ici découvrent des artistes locaux et soient conscients que la création, ça leur appartient aussi. Qu’elles sont nombreuses et stimulantes toutes ces expositions, dont l’exposition Coup de cœur à la salle Jacqueline-Loiselle, tantôt un florilège de peintures, de sculptures, de créations d’élèves d’ici et d’ailleurs, tant du primaire que du secondaire de notre commission scolaire. Pour sensibiliser et présenter les œuvres d’art, il lui fallait créer des liens communautaires fiables, solides et durables. Ce furent des liens mobilisateurs pérennes tissés sur cette immense toile du projet de Cité-école. Les adultes et les jeunes découvrent, alors, qu’il y a ici, dans leur milieu, des forces créatrices extraordinaires et des centres locaux d’expositions d’arts que plusieurs jeunes ont continué de fréquenter par la suite. Pour toutes ces actions communautaires, autant pédagogiques que socioartistiques, Johanne, nous t’en sommes infiniment reconnaissants. Dans la suite du monde à venir, ces traces, indélébiles de ta présence, demeurent et demeureront!

Johanne, l’artiste, tu es une femme d’action. Tu aimes les gens. Tu sais faire de la beauté autour de toi, y compris quand il est question de relations humaines. Quand on prend son thé à la table, en groupe, lors des dîners, on sent, émanant de toi, une présence respectueuse, un rire généreux et collectif, une curiosité de bon aloi, une artiste qui dessine dans son regard des réponses nourrissantes. Oui, tu quittes pour inventer d’autres petits bonheurs, au quotidien, tant dans les arts que dans tes rencontres créatrices à venir. Tu as su ouvrir, ici, pour nous, des portes sur chacune de nos communautés. Tu n’en parlais pas : tu le faisais. Partout où tu es, tu sais colorer l’espace. Et ce fait s’avère une valeur ajoutée remarquée et remarquable pour notre milieu culturel. En finale, pour parler singulier, pourquoi se fier à sa démarche rapide, puisqu’elle a le pied ferme et alerte, l’artiste-enseignante? Suivons plutôt le dessin des pas tracés : ces marques risquent, au détour, de nous lancer un petit clin d’œil créateur!