QUI A DIT QU’IL ÉTAIT ENNUYANT D’ALLER À L’ÉGLISE ?

QUI A DIT QU’IL ÉTAIT ENNUYANT D’ALLER À L’ÉGLISE ?

Texte : Alexis Dalpé, enseignant

Des élèves de la 2e secondaire ont fait la visite d’un joyau patrimonial au cœur même d’East Angus. L’incroyable église Saint-Louis-de-France nous a révélé quelques-uns de ses secrets le 7 octobre dernier. Lors de cette visite, les élèves devaient répondre à une question bien simple : faut-il préserver le patrimoine religieux ?

Pour guide, nous avons fait affaire avec un amoureux de la bâtisse et un communicateur hors pair; nul autre que M. Charles Labrie. Son lien affectif avec l’église est le sens même du mot patrimonial : quelque chose qui reste dans le temps.

« Mes parents ont traversé la grande allée à deux reprises, dit-il, lors de leur mariage et à leurs funérailles. J’ai été baptisé juste ici, dans cette pièce. L’histoire de cette église est aussi mon histoire, notre histoire. »

Tout est œuvre d’art dans cette église de style gothique. Incroyable d’avoir construit cela il y a presque maintenant cent ans (1923). Des anecdotes comme le dentier du curé lors d’un sermon ou des fragments d’ossements du roi de France Louis IX encastré aux quatre coins de l’autel principal étaient franchement appréciées des élèves. Les vitraux à eux seuls méritent le déplacement autant par leur beauté visuelle avec les jeux de lumière que par l’histoire qu’ils racontent, soit celle du roi Louis IX (1226-1270) devenu saint et patron de la paroisse.

Un invité de marque nous attendait un milieu de la visite, l’organiste M. Dominic Alexandre. Après nous avoir expliqué avec passion le fonctionnement de cet immense instrument, il nous a fait littéralement vibré alors que nous étions assis dans le jubé de l’orgue tout juste à côté des flûtes et tuyaux. Le privilège d’assister à ce concert privé avec une vue spectaculaire sur toute l’église et son plafond de pierre à ogives croisées, prouesse architecturale d’une firme de Boston. À un moment, M. Alexandre s’est mis à chanter en latin, nous dressant les poils devant une voix si profonde. L’ambiance était à son comble, mais la visite n’était pas encore finie. M. Labrie nous réservait un endroit inhabituel, la crypte. Lieu où sont conservées les dépouilles de personnages marquants de l’histoire de l’église. Les élèves en étaient fascinés, et peut-être un peu troublés.

Comble du bonheur, nous avons eu droit au succulent sucre à la crème de Charles pour le retour à l’école. Merci encore pour cette visite inoubliable!