Texte : Charles Labrie, en collaboration avec Kim Sévigny

Kim Sévigny, originaire de Weedon et ancienne élève de Louis-Saint-Laurent, devenue Docteure en médecine, (MD), spécialiste en médecine familiale et en formation supplémentaire de compétences avancées aux personnes âgées, gratifie la Fondation Louis-St-Laurent d’un don financier fortement apprécié en ces années difficiles. Il est bon de rappeler qu’au cours des dernières années, nous avons sollicité des dons individuels pour tous nos anciens finissants du secondaire ayant décroché un doctorat et/ou un postdoctorat.

« Je suis née et j’ai grandi à Weedon, 2e d’une famille de 4. Personne dans ma famille n’a fait d’études universitaires avant ma sœur et moi, mais tous sont travaillants. J’ai toujours été curieuse et aimé apprendre. L’école n’a jamais été un fardeau pour moi. J’ai gradué de la polyvalente en 2007, après un parcours sans grandes anicroches. J’y ai fait un peu de musique, un peu d’implication sociale. Je me suis fait un cercle d’amis, petit, mais tissé serré. J’ai ensuite étudié au Cégep de Sherbrooke en Sciences de la nature, programme préuniversitaire qui me permettra ensuite d’appliquer en médecine. J’ai été acceptée en médecine à l’université de Sherbrooke en 2009, pour obtenir mon doctorat en médecine en 2013. (Medecinae Doctor, le fameux MD). À cette étape se dessine un choix important pour les gradués : un diplôme de MD seul ne servait pas à grand-chose. Il fallait choisir notre spécialité médicale. Dans mon cas, la médecine familiale était ma voie toute tracée, je n’ai jamais hésité. C’est à Drummondville que j’ai complété ma formation postdoctorale, la résidence en médecine familiale. Cela aurait pu s’arrêter là, mais j’ai décidé d’ajouter une année de formation supplémentaire de compétences avancées en soins aux personnes âgées, avec l’Université de Sherbrooke. C’est donc en 2016 que débute ma pratique active comme médecin de famille dans le Groupe de Médecine familiale Universitaire (GMF-U) de Drummondville. Moins de 10 ans après mon bal de finissante de la polyvalente, j’ai pu commencer de façon autonome à diagnostiquer, prescrire, mais surtout accompagner et soutenir.

Depuis, je pratique le plus beau métier du monde. Je côtoie des gens de tous les âges, à toutes les étapes de leur vie. J’ai participé à l’accouchement de bébés qui sont maintenant à l’école primaire. Mon travail implique aussi une bonne part d’enseignement : notre GMF forme chaque année de 8 à 10 médecins de famille. Je travaille avec un groupe de médecins formidables qui sont tous mes amis. Chacun est issu d’un milieu différent, la plupart d’entre eux n’ont pas de parents médecins, tout comme moi. Ce cheminement-là, ça se fait par du « vrai monde », c’est accessible. Il suffit d’y aller un petit objectif à la fois, en gardant en vue l’objectif final. Un jour quelqu’un m’a dit : « Sais-tu comment on fait pour manger un éléphant? On y va une bouchée à la fois ».