UN DÉPART QUI NOUS FAIT MAL!

UN DÉPART QUI NOUS FAIT MAL!

Texte : Charles Labrie, enseignant, en collaboration avec Renée-Claude Leroux, organisatrice communautaire

Alexis Dalpé est enseignant à la Cité-école depuis 11 ans. Cette année, l’occasion lui est prêtée d’aller occuper un poste dans une autre école de notre commission scolaire, à Coaticook. C’est avec un réel pincement au cœur que nous voyons partir cet enseignant engagé, cet être humain attachant et vrai.

Dans le milieu de la Cité-école, nous ne pouvons trouver mieux en matière d’engagement que ce jeune homme aux multiples habiletés. Qu’il nous soit permis d’énumérer les très nombreuses années de présence active au sein de notre école : le comité culturel et ses projets novateurs, dont la salle artistique d’exposition Jacqueline-Loiselle, son implication du côté du théâtre avec les élèves, ses cours d’art dramatique, la nouvelle identité de la bibliothèque devenue scolaire et municipale, sa présence organisationnelle très active au sein du Gala des mérites scolaires, depuis une décennie, sa participation comme enseignant-associé pour la communauté de Lingwick, ses avancées de projets au Conseil sur la persévérance, la réussite et l’excellence scolaires, son rôle d’administrateur à la Fondation Louis-St-Laurent et bien d’autres organisations au sein desquelles il a proposé la route à suivre pour l’accompagnement de nos jeunes et le soutien de tous ses collègues.

Alexis s’avère un communicateur exceptionnel : qu’il s’agisse de fêtes dans notre communauté scolaire, comme celle des « nouveaux » chaque mois de novembre, ou lorsqu’il s’agit de partager avec ses collègues ses bonheurs de lecture. Quelle belle sensibilité! Quelle belle intelligence sociale et pédagogique! Quelle saisissante ouverture d’esprit sur le monde! Il aime détendre son auditoire d’élèves et de collègues. Il faut être présent au salon des profs pour le découvrir aussi! Quand il se tait, c’est qu’il prépare une réplique qui ouvre les yeux. Il est génétiquement équipé pour l’humour et le théâtre, sans oublier sa passion de l’histoire, actualisée dans le quotidien. C’est un artiste-enseignant de l’histoire du Québec et du Canada. Il sait, comme nul autre, ramener de nombreuses séquences historiques dans leur quotidienneté. Au dire des élèves, il crée d’instinct une atmosphère propice aux apprentissages. Le tout dans une classe-musée où les meubles artisanaux, objets anciens et photos d’illustres personnages ont le don d’inspirer les plus réfractaires aux données historiques. Et c’est sans parler des excellents taux de réussite aux examens du ministère! Son style, son sens de l’émerveillement, sa curiosité intellectuelle vous nourrissent, à son contact, de faits tant philosophiques, qu’historiques ou sociaux. Une très riche présence humaine quoi!

Alexis, tu seras, pour nous tous, une source d’inspiration et d’engagement… un jeune enseignant, vrai! Même parti, tu demeureras, pour nous, un homme de cœur, un des nôtres, Alexis! Nous t’avons vu et entendu lors de certaines des soirées des bourses reconnaissance dans les villages. Ta parole est magique. Les gens ont le goût de t’entendre. Ton humour est célèbre… Ton côté humain, relevé, avec tes élèves et tes collègues nous donnent le goût de nous lever et d’améliorer le sort de notre communauté. Ta compassion et le refus de toute compromission prennent racine dans ce que tu considères la vérité. Tu n’accepteras jamais que l’injustice masque cette vérité. Ta grande sensibilité, ton regard qui parle et tes gestes qui appellent nous comblent… Oui, nous avons de la peine à te voir partir. Un départ qui fait mal! Notre seule consolation c’est celle de savoir qu’ailleurs, de nombreux jeunes et collègues grandiront en ta présence. Nous savons et tu sais, sans doute, Alexis, toi, l’homme de théâtre, le grand lecteur, l’historien, l’anthropologue et le pédagogue, qu’on ne guérit jamais tout à fait de ce qui nous manque. La nostalgie nous habitera et on tentera de guérir ce manque… en se racontant d’autres vérités!

Merci Alexis d’être là! Nous t’apprécions et nous t’aimons pour la suite de ton histoire… et la nôtre!